William 
          Garner Sutherland

William Garner Sutherland

  HISTOIRE ET PHILOSOPHIE DE L'OSTÉOPATHIE

Un peu d'histoire   Andrew Taylor Still
 

Comment l'ostéopathie agit-elle ?

Vous ne le savez peut-être pas mais vous êtes beaucoup plus que la simple addition des parties de votre corps. C'est pourquoi l'ostéopathie traite la personne humaine dans son ensemble. Au lieu de s'arrêter aux symptômes particuliers, elle vous traite dans votre globalité.

L'ostéopathie a changé la vie de millions de personnes à travers le monde, citons en passant certaines personnalités bien connues en Amérique du Nord, comme John D. Rockefeller et Henri Kissinger, ainsi que les anciens présidents Roosevelt, Eisenhower et John F. Kennedy.

Il y a maintenant une demande croissante pour des ostéopathes qualifiés, ce qui reflète le désir grandissant des patients de résoudre leurs problèmes de santé de façon plus naturelle.

Le traitement manipulatif ostéopathique (TMO) : soigner par les mains.

Dans une époque marquée par des progrès médicaux spectaculaires, une chirurgie et de nouveaux médicaments toujours plus performants, de quels outils se serviront les ostéopathes ? Ils se servent de leurs mains.

L'ostéopathie vous apporte ce que les médecines alternatives ont de mieux à offrir. Les ostéopathes peuvent se spécialiser dans chacune des sphères reconnues de cette philosophie, de l'ostéopathie crânienne à l'ostéopathie viscérale, sans oublier l'ostéopathie structurelle. Ils utilisent des méthodes manuelles de diagnostics et de traitements qu'ils appellent TMO (traitement manipulatif ostéopathique).

En faisant un traitement manipulatif ostéopathique, les D.O. apportent une nouvelle dimension aux soins de santé sous la forme d'une thérapeutique non agressive. Les D.O. utilisent le TMO pour diagnostiquer, traiter et même prévenir la maladie ou les blessures. Dans certains cas, le TMO peut être utilisé conjointement avec (ou au lieu de) d'autres approches.

L'ostéopathie viscérale

Pour la première fois après une interruption de plusieurs siècles, des médecins suédois se rendirent compte, au dix-neuvième siècle, que si seul un traitement mécanique pouvait soulager une algie réellement d'origine mécanique, il était absurde de l'abandonner. C'est ainsi que Ling (1779-1830), créateur de la gymnastique dite suédoise, pratiqua des manipulations viscérales.

Thure Brandt (1819-1895) est le premier à établir une synthèse des techniques manipulatives organiques, et ce, précisément sur le plan gynécologique. Cette méthode essentiellement manuelle est basée sur des manipulations au niveau des viscères dans le but de libérer, irriguer et rendre fonctionnels les différents organes. Il s'inspire directement de la pratique d'une vieille famille de guérisseurs, les Sénépart, qui, de père en fils, avaient acquis la célébrité en se consacrant à Charleroi au traitement des maladies des femmes.

Henri Stapfer, élève de Brandt, fait à nouveau progresser la méthode. Donc, c'est à Brandt et Stapfer que nous devons la description de la plupart des techniques manipulatives employées en gynécologie. C'est également à Stapfer que l'on doit les premiers éléments qui ont permis d'établir l'existence de ce que l'on nomme la lésion circulatoire, élément fondamental dans l'appréhension de nombreux cas pathologiques.

Puis, un médecin français, Frantz Clénard, effectue une étude approfondie des organes et des viscères de l'abdomen et met au point des méthodes d'examen permettant d'en déterminer les anomalies de fonctionnement. Pour lui, un abdomen normal est un abdomen qui, à la palpation, est souple et homogène et ne permet pas de sentir la présence des organes. Ainsi, des intestins durs, un estomac douloureux, un gros foie palpable constituent-ils des phénomènes anormaux, indicateurs de tensions, de ralentissement circulatoire, de troubles du métabolisme, de fibrose ou d'adhérences, de spasmes des muscles viscéraux.

Clénard est aussi le premier à penser aux relations des organes entre eux, sorte de réaction en chaîne où un organe déficient, congestionné, peu mobile ou descendu (ptôse) créera, par des mécanismes divers, l'apparition de troubles au niveau d'organes voisins avec lesquels il entretient des liens mécaniques, sanguins ou hormonaux.

C'est ce fonctionnement déficient, causant une maladie fonctionnelle, que les ostéopathes rangent dans la catégorie des suites ostéopathiques des lésions viscérales.

Qu'est-ce que l'ostéopathie crânienne ?

L'ostéopathie crânienne est une approche particulière des concepts ostéopathiques. Elle agit sur la structure et le liquide entourant le système nerveux central, ce qui a un impact sur le corps tout entier et stimule la capacité naturelle de celui-ci à s'auto-guérir. Les liens entre les fascias, où qu'ils soient situés dans le corps, sont contigus aux membranes entourant le système nerveux central, incluant la dure-mère et les autres structures.

L'étude intensive de l'ostéopathie crânienne commença en 1939, suite aux recherches de William Garner Sutherland, médecin ostéopathe.

Les constatations du Docteur Sutherland furent corroborées par des études scientifiques. En ostéopathie, on reconnaît qu'il y a du mouvement, minime mais très important, entre les os du crâne et leurs sutures. Le Docteur Sutherland a établi qu'il existe un mouvement palpable à l'intérieur du corps, lequel se produit conjointement au mouvement des os de la tête. Ce mouvement fait partie d'un mouvement rythmique des fluides du corps, d'une importance vitale à la santé, de même qu'à la fonction maximale du système immunitaire du corps.

Un traumatisme à la tête ou au corps peut altérer ou entraver la circulation des fluides du corps, ayant souvent des effets dramatiques et parfois drastiques sur la santé de l'individu et sa capacité de fonctionner.

Le plus courant des traumatismes est celui de la naissance, où le crâne du bébé subit des chocs répétés dus aux poussées durant l'expulsion, ou alors lors d'un accouchement par ventouse dans le cas d'un travail difficile. Une altération, bien qu'à peine perceptible, de la configuration naturelle et du mouvement du crâne, peut occasionner des problèmes comme les coliques, l'incapacité du bébé à avaler ou à téter, de fréquentes régurgitations, des infections chroniques de l'oreille et/ou un retard ans le développement.

Les traumatismes peuvent aussi provoquer des lombalgies, des maux de tête, des troubles respiratoires et digestifs, des douleurs menstruelles et des blessures répétitives reliées au stress comme la tendinite.

William G. Sutherland, D.O., chercheur et père de l'ostéopathie crânienne

« Permettre à la fonction physiologique intérieure de manifester sa propre puissance infaillible, plutôt qu'avoir recours à une force aveugle de l'extérieur. »

Le Docteur William Sutherland a consacré sa vie à l'avancement de l'ostéopathie. Dès ses débuts en médecine en 1898, Sutherland commença à étudier la fonction mécanique du corps et à en analyser l'anatomie vivante (le flux du liquide crânien, la texture des tissus, la compression des os, etc.). Il a fait plus pour faire avancer le concept de « l'auto-guérison » que toute autre ostéopathe de sa génération.

On le traita d'hérétique pour avoir établi le principe selon lequel le système nerveux central du corps est en constant mouvement rythmique et que ce mouvement est un facteur essentiel au maintien de la santé et de la vie humaine.

Aujourd'hui, la théorie du Docteur Sutherland concernant la structure physiologique du corps a été prouvée de façon concluante grâce au développement d'équipement diagnostique informatisé.

Le Docteur Sutherland est reconnu pour sa conception du corps comme une machine sophistiquée. Il croyait qu'un dysfonctionnement ou une déficience dans l'une des parties du corps devait nécessairement affecter la structure entière.

Il a résumé le résultat de ses recherches dans un écrit intitulé « The Five Components of the Primary Respiratory Mechanism » (Les cinq éléments du mécanisme respiratoire primaire), lequel énonçait pour la première fois le concept du mouvement rythmique continu dans le corps.

Docteur Sutherland identifia cette anatomie vivante et la décrivit comme suit :

  • Mouvement des sutûres crâniennes et des articulations reliant les vingt-six os du crâne
  • « Dilatation et contraction » des hémisphères du cerveau
  • Mouvement des membranes recouvrant le cerveau et la moëlle épinière
  • Courant d'énergie à l'intérieur du liquide céphalo-rachidien baignant le cerveau et la moëlle épinière
  • Léger mouvement involontaire du sacrum.

Notes biographiques

Docteur Sutherland naquit dans une famille de la classe ouvrière au Wisconsin en 1873. Il était le troisième d'une famille de quatre enfants. En 1895, il s'inscrivit dans une école de médecine alors controversée, l'American School of Ostéopathy (maintenant le Kirksville College of Osteopatic Medecine). Il s'est distingué comme un étudiant extrêmement doué et gradua à l'âge de vingt-cinq ans en 1898.

Docteur Sutherland poursuivit ses recherches et pratiqua la médecine au Missouri durant la majeure partie de sa vie. Son dévouement et son ardeur au travail ne furent pas reconnues dans sa profession, malgré un nombre croissant d'étudiants fidèles et de patients reconnaissants. À la parution de ses premiers travaux, le Docteur Sutherland fut très affecté par l'avalanche de critiques dirigées conte lui et on le traita de charlatan à cause de ses théories sur le mécanisme de la respiration primaire. Il a fallu plus de quater décennies avant que le Docteur Sutherland ne soit reconnu. Aujourd'hui, ses travaux sont acceptés comme un fait médical établi.

En 1951, à l'âge de soixante dix-huit ans, le Docteur Suhterland quitta le Midwest pour un climat plus clément à Pacific Grove en Californie. Il décéda peu de temps après, en 1954.

Le Docteur Sutherland laissa derrière lui une contribution inestimable à la médecine ostéopathique et sa mémoire, de même que les ouvrages qu'il nous a légués, sont très respectés de ses collègues, tant aux États-Unis qu'à l'étranger